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AVERTISSEMENT : ce reportage contient des scènes susceptibles de heurter la sensibilité des lecteurs.
Le 11 novembre 2025, dans le hall d'un hôtel d'Accra, au Ghana, Rabbiatu Kuyateh est traînée au sol par des agents de l'immigration.
Jusque-là, cette Sierra-Léonaise d'origine avait passé trente ans à des milliers de kilomètres de là, aux États-Unis : plus de vingt ans comme infirmière dans la région de Baltimore, dans l'État du Maryland, où elle a élevé son fils Mohamed né aux États-Unis et pris soin de ses parents vieillissants.
Rabbiatu n’avait jamais obtenu l’asile, ni carte de résidente permanente. Mais un permis de travail renouvelable lui permettait de rester sur le territoire américain, à condition de se présenter chaque année aux services de l'immigration et des douanes (ICE).
En juillet 2025, ce rendez-vous annuel tourne au piège : elle est arrêtée sur-le-champ par des agents de l'ICE. Deux jours plus tard, avant l’aube, elle est menottée et transférée en Louisiane.
Depuis sa cellule, elle sollicite une protection contre un renvoi vers la Sierra Leone, son pays natal, où elle affirme risquer des persécutions en raison de l’engagement politique de son père dans l’opposition.
En septembre, un juge lui accorde cette protection juridique : elle ne pourra pas être expulsée vers la Sierra Leone.
Quelques semaines plus tard, raconte-t-elle, un agent de l'ICE vient lui annoncer sa libération imminente. Rabbiatu appelle son fils pour lui annoncer la bonne nouvelle. Les agents la font ensuite monter dans un van, direction l’aéroport international d’Alexandria, en Louisiane.
Rabbiatu Kuyateh
J'ai remarqué que la voiture était garée juste à côté de l'avion.
Dès qu'ils ont ouvert la portière - comme s'ils allaient enfin me laisser sortir - ils m'ont passé les menottes et les entraves aux pieds.
J'ai demandé : « C'est pour quoi faire ? »
C'est là qu'ils m'ont annoncé qu'ils m'emmenaient au Ghana.
J'ai dit : « Quoi ? »
Je me sentais complètement impuissante, dans le noir total de cet aéroport.
« Pourquoi m'emmener au Ghana, alors qu'on m'avait dit que je rentrais chez moi ? »
Ce jour-là, contrairement à ce qui lui avait été promis, Rabbiatu n’est pas libérée. Elle est embarquée à bord d’un avion en compagnie de dix-huit autres passagers originaires, notamment, du Sénégal, de Guinée, de Gambie et du Nigeria.
Nombre d'entre eux bénéficiaient, comme elle, d'une protection appelée « Withholding of Removal », ou suspension d’expulsion, censée leur garantir qu'ils ne seraient jamais renvoyés vers un pays où ils risquaient la persécution ou la torture.
Mais depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, en janvier 2025, cette garantie s'est révélée illusoire pour la plupart des personnes que nous avons interrogées. Forbidden Stories et ses partenaires ont recueilli les témoignages de Rabbiatu Kuyateh et de quatre autres passagers de ce vol, tous envoyés vers un pays avec lequel ils n'avaient pourtant aucun lien.
Selon les données de l'organisation américaine Human Rights First, ce vol est l'un des neuf qui ont, depuis septembre 2025, conduit vers le Ghana plus d'une centaine de ressortissants non ghanéens - nombre d'entre eux sans le moindre antécédent judiciaire - dans le cadre de la politique d'« expulsions vers un pays tiers » de l'administration Trump.
Sur le tarmac de l’aéroport d’Alexandria, en pleine nuit, Rabbiatu a les pieds et les mains enchaînés.
Non loin d'elle se trouve Malick*, la vingtaine, parti du Sénégal pour les États-Unis en 2023 après avoir craint pour sa sécurité. Lui aussi raconte s'être reconstruit une existence - un emploi, des impôts payés, jamais le moindre démêlé avec la justice - avant d'être interpellé lors d'un simple rendez-vous de routine. Ce jour-là, se souvient-il, « les agents nous ont dit que nous allions être expulsés vers le Ghana. […] Je ne voulais pas y aller. Un agent m’a dit : ‘Si tu refuses, on te forcera.’ »
[*Les prénoms suivis d’un astérisque ont été modifiés]
Cette nuit-là, Ousmane* tente lui aussi d'échapper à son sort. « J’ai commencé à résister, à dire que je n’irais nulle part », raconte cet homme originaire d'Afrique de l'Ouest installé aux États-Unis depuis plus de 20 ans. « Ils ont commencé à me frapper, m’ont recouvert le visage pour obstruer la vue, le tout devant les autres détenus, juste pour les effrayer. » Il aurait ensuite été entravé à l'aide d'un dispositif de contention corporelle intégral, communément appelé « dispositif WRAP », que l'ICE utilise de plus en plus fréquemment lors de ses expulsions.
L’avion N225AX décolle d’Alexandria le 6 novembre 2025 vers 1h30 du matin, heure locale.
Des heures qui suivent, Rabbiatu ne garde que des souvenirs fragmentés. Elle reste menottée tout au long du vol - y compris pour manger.
Rabbiatu Kuyateh
Je suis restée comme ça pendant des heures, incapable de parler, complètement engourdie.
Ils voulaient que je me penche comme un chien. Je n’arrivais même pas à attraper quoi que ce soit…
Neuf heures plus tard, l’avion fait une première escale à Dakar, au Sénégal.
Sur le tarmac, Mariama*, une Sénégalaise de 29 ans également expulsée via ce vol, supplie qu’on la laisse descendre.
Mariama
J’étais en train de pleurer.
Je leur ai dit : « Laissez-moi descendre. Je veux partir. »
On m’a dit : « Non, on ne te laisse pas ici, on va t’amener jusqu’au Ghana. »
Après deux heures et demie d’escale, l’avion redécolle puis atterrit à Accra, au Ghana.
Malick se souvient avoir ressenti un sentiment proche du soulagement lorsque les passagers ont été conduits dans un hôtel de la capitale ghanéenne.
Malick
Les Ghanéens sont venus nous accueillir ; ils nous ont amenés dans un hôtel.
Comme on avait été torturé en détention, on se sentait à l’aise à l’hôtel au Ghana.
On croyait que les Ghanéens allaient nous accueillir et nous mettre en sécurité.
Le répit ne dure pas.
Dès le lendemain, les Nigérians du groupe sont renvoyés au Nigeria selon Malick. Cinq jours plus tard, des agents de l’immigration ghanéenne reviennent à l’hôtel : cette fois pour Rabbiatu.
Rabbiatu Kuyateh
J’ai vu des agents arriver, ils m’ont dit qu’ils allaient m’emmener en Sierra Leone.
J’ai dit que je n’irai pas en Sierra Leone, que j’avais peur d’y aller.
C’est à ce moment que je me suis tournée vers eux, et que je leur ai demandé si on pouvait attendre, car quelqu’un de mon ambassade allait arriver.
Ils ont commencé à s’agiter, ils étaient furieux. Ils m’ont dit : « Tu ne vas pas attendre, tu pars là, maintenant. »
Certains tiraient mes bras, mes jambes, à gauche et à droite.
Ils m’ont poussée au sol, m’ont traînée le long du hall de l’hôtel.
Heureusement, un des avocats est arrivé - M. Oliver.
Je m’accrochais à lui, le suppliais : « Aidez-moi, je ne veux pas aller en Sierra Leone, je n’y suis pas en sécurité là-bas. Ils m’ont arrachée à lui. Les vidéos parleront d’elles-mêmes. »
Cette peur de la Sierra Leone ne date pas d’hier.
Depuis son dernier retour au pays dans les années 1990, suite à une ordonnance d’expulsion, le danger auquel Rabbiatu fait face dans son pays natal n’a pas disparu, selon elle. À l’époque, la maison de sa famille aurait été incendiée. Plus tard, en 2014, son frère – lui aussi exilé – aurait été arrêté et torturé lors d’un séjour sur place. Deux épisodes qu’elle attribue aux activités politiques de leur père. (Ces éléments n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.)
Une situation qui, en droit, aurait dû interdire tout renvoi vers son pays d’origine, en vertu du principe de non-refoulement inscrit dans la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés.
En ce jour de novembre 2025, au Ghana, c’est pourtant ce que tentent de faire les agents de l’immigration. La scène est filmée par Malick, qui en a transmis les images à Forbidden Stories. « J'ai pris ces vidéos pour prouver que les Ghanéens n'ont pas tenu parole », explique-t-il.
L’avocat Oliver Barker-Vormawor assiste, lui aussi, à la scène. Depuis l'atterrissage du premier vol transportant des ressortissants dits de « pays tiers », en septembre 2025, il se bat pour faire la lumière sur cet accord tenu secret entre Washington et Accra, qui aide, selon lui, les États-Unis à expulser des ressortissants étrangers vers des lieux où ils encourent un risque grave. « À l'époque, nous n'avions même pas de copie de l'accord », se souvient l'avocat.
Les termes dudit accord, prévoyant l’accueil de ces personnes par le Ghana, n’avaient jamais été rendus publics. Seule une chronologie d’indices permettait d’y voir plus clair.
Les États-Unis imposent un droit de douane de 15 % sur les importations ghanéennes.
Selon des documents consultés par le Washington Post pour cette enquête, les deux pays échangent des notes diplomatiques sur l’accueil de personnes expulsées – un arrangement qui échappe à toute ratification parlementaire.
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, qualifiera d’abord la décision de « purement humanitaire », niant toute contrepartie, avant de reconnaître que des responsables américains avaient bel et bien évoqué des « concessions en matière de visas et de tarifs douaniers ».
Washington rétablit les visas de cinq ans pour les Ghanéens.
Washington lève les droits de douane sur les exportations de cacao ghanéen.
Il faudra attendre une décision de la Cour suprême pour qu’Oliver Barker-Vormawor puisse ne serait-ce que jeter un œil au document au cœur de l’accord - sans toutefois pouvoir en garder de copie. « Nous avons pu prendre des notes », raconte-t-il.
Cette note d’une seule page engageait, selon ses souvenirs, le Ghana à « accueillir et à respecter ses obligations internationales vis-à-vis des réfugiés ».
Ce mois-ci, le gouvernement américain a rendu la note publique. Datée du 1er août 2025, elle engage le Ghana à traiter toute personne transférée depuis les États-Unis « d’une manière conforme à ses obligations au titre de la Convention relative au statut des réfugiés » et garantit qu’aucune d’entre elles « ne sera soumise à des persécutions en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques, ni à la torture, que ce soit au Ghana ou dans tout autre pays vers lequel le gouvernement ghanéen viendrait à les transférer par la suite ».
Le texte ne concerne que les ressortissants d'Afrique de l'Ouest - dans les faits, tous les pays membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) à l'exception du Ghana - et laisse à Accra une « entière liberté d'accepter ou de refuser le transfert de telle ou telle personne ».
Selon des informations obtenues par le Washington Post dans le cadre de cette enquête, les autorités américaines ont certifié la crédibilité de ces garanties le 4 septembre 2025. Le Ghana s'est alors engagé à accueillir jusqu'à 250 ressortissants étrangers, en écartant toute personne au casier judiciaire « grave » - les auteurs d'infractions non violentes restant, eux, éligibles.
Rabbiatu Kuyateh cochait toutes les cases : ressortissante de la Cédéao, aucun antécédent judiciaire. Le Ghana l'a pourtant accueillie avant de la renvoyer en Sierra Leone - exactement le type de transfert ultérieur que la note s'était engagée à ne jamais permettre.
Pendant que Rabbiatu est renvoyée en Sierra Leone, le reste du groupe, resté à l’hôtel, affronte un tout autre sort.
Ce soir-là, des soldats débarquent à bord de deux camions. « On peut dire qu'ils nous ont kidnappés », raconte Malick.
Tous, sauf Rabbiatu Kuyateh, sont emmenés au camp militaire de Bundase, à cinquante kilomètres d'Accra.
« La loi ghanéenne interdit de détenir des civils dans des installations militaires, souligne l'avocat Oliver Barker-Vormawor. À autant de kilomètres d'Accra et de l'aéroport, on pense que c'était surtout une façon de garder tout cela secret. »
Ce n'est pas la première fois que des expulsés venus des États-Unis échouent dans ce camp. En septembre 2025 déjà, onze personnes arrivées par un vol précédent y avaient été détenues pendant deux semaines,
Certaines d'entre elles - dont Ali*, que l'on voit dans la vidéo - ont été renvoyées à la frontière togolaise, en pleine nuit.
Isatou*, 22 ans, avait fui la Guinée pour échapper à un mariage forcé. Elle aussi se trouvait à bord du vol de novembre, et se souvient des conditions au camp de Bundase.
Isatou
L’immigration nous a laissés [entre] les mains des militaires qui faisaient leur formation là-bas.
Ils ont bloqué nos téléphones. On nous a considérés comme des criminels.
On ne faisait rien, juste se coucher dans la chaleur, dans la saleté, à attendre qu’on vienne nous chercher pour nous déporter.
Ces conditions plongent aussi Mariama dans le désespoir - la même jeune femme qui, quelques jours plus tôt, avait supplié les autorités de la laisser débarquer au Sénégal.
Mariama
C’est tellement sale - les filles et les garçons dans une seule chambre.
On n'a pas de nourriture, on n'a pas de draps. On n'a rien là-bas.
On nous a kidnappés, fermé la porte.
Le lendemain, je n’ai pas de vêtements à porter. J’ai un T-Shirt et un pantalon.
Quand j’étais en train de laver ça aux toilettes, j’ai vu l’eau de Javel.
J’ai bu la Javel parce que je voulais mourir. Parce qu’on voulait me forcer à rentrer dans mon pays.
Contient la description d’un acte d’automutilation.
« On l’a trouvée par terre, les yeux ouverts, avec de la mousse qui sortait de la bouche, raconte Malick. C'était comme un cauchemar pour moi, c'était la première fois que je voyais une personne dans cet état. »
Mariama passe trois jours à l'hôpital. Elle affirme que l'ambassadeur du Sénégal l'y a alors pressée de signer un document acceptant son retour. « J'ai accepté, j’ai signé le papier, on m'a emmenée directement à l'aéroport, raconte-t-elle. On a fait escale en Côte d’Ivoire, puis [on est arrivés au] Sénégal. »
Les autres sont transférés dans un centre de rétention, à l'aéroport d’Accra.
« Les toilettes étaient sales, il n'y avait pas d'eau et on ne pouvait pas se doucher, raconte Malick. Ils nous mettaient la pression tous les jours pour appeler nos ambassadeurs. C’est à l’aéroport que j’ai décidé de signer pour qu’ils me fassent le ‘travel document’ [‘titre de voyage’, NDLR]. Je n’avais pas le choix : les conditions de survie étaient mauvaises. »
Pour leur sécurité, nous ne préciserons pas où vivent aujourd’hui les passagers du vol du 6 novembre 2025. Mais voici ce qu’ils nous ont confié : près d’un an plus tard, tous restent suspendus entre deux mondes.
Rabbiatu ne cesse de ressasser ce qui lui est arrivé, incapable de concilier ces évènements avec la vie qu'elle s'était construite aux États-Unis.
Rabbiatu Kuyateh
J’ai travaillé plus de 20 ans comme infirmière… Pendant la pandémie de Covid, dans le service que je dirigeais, des gens mouraient entre mes mains alors même que leurs proches étaient tenus à l'écart. Je leur ai prodigué les derniers soins qu'ils méritaient. Je n’ai jamais été une criminelle. J’ai payé mes impôts comme il se doit. Je respecte la loi. Tout ce que je demandais aux États-Unis, c'était le droit de rester.
Je pense souvent au Ghana - ça me bouleverse, parce que je ne sais pas ce que je leur ai fait. J’y suis allée en paix; j’ai fait ce qu’on m’a dit de faire. J’essayais juste de digérer ce qu’on m’avait fait subir aux États-Unis, quand une horde de personnes s’est jetée sur moi. Qu’est-ce que je leur avais fait pour qu’ils me traînent partout comme ça ?
Isatou, elle, a fini par être expulsée vers la Guinée - le pays qu’elle avait fui pour échapper à un mariage forcé.
« Je suis vraiment déçue par l'immigration américaine, et par l'immigration ghanéenne aussi, dit-elle. Ils ont détruit ma vie. »
Pour Oliver Barker-Vormawor, ce qu’ont vécu ces cinq personnes correspond à un mécanisme bien identifié : « Le refoulement en chaîne, explique-t-il. Le droit international interdit aux États-Unis de les renvoyer dans leur pays d’origine, alors ils passent par un État tiers, à savoir le Ghana qui, lui, se charge de les y renvoyer. »
L’enquête promise par le gouvernement ghanéen après la diffusion des vidéos montrant Rabbiatu, en novembre 2025, traînée par des agents de l’immigration n’a jamais vu le jour, ajoute-t-il : « Ils avaient dit qu'ils allaient créer un comité pour enquêter [sur cet épisode]. Cela n'a jamais eu lieu. Ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'est que l'affaire devienne publique. »
En juin 2026, son cabinet rejoint une coalition juridique - dont la Transnational Disputes Clinic de la faculté de droit de Cornell et le Global Strategic Litigation Council - pour attaquer le Ghana devant la Cour de justice de la Cédéao, à Abuja, au Nigeria, au nom de vingt-sept des quelque cent personnes expulsées dans le pays. Des expertises médicales versées au dossier font état, chez plusieurs d'entre elles, de signes de stress post-traumatique et de dépression sévère.
La coalition accuse le Ghana d'avoir violé le principe international de non-refoulement, et demande à la cour de suspendre tout nouveau transfert, de contraindre Accra à dévoiler les termes de l'accord, d'accorder des réparations, et d'interdire au gouvernement ghanéen de signer un nouvel accord de ce type.
Aux États-Unis, une cour d'appel fédérale a jugé, le 18 septembre, que la manière dont la politique d'expulsion vers un pays tiers de l'administration Trump était menée était illégale, estimant que les personnes concernées n'avaient pas reçu un préavis suffisant pour contester leur renvoi. Des spécialistes du droit s'attendent à ce que l'administration fasse appel devant la Cour suprême, ce qui pourrait permettre aux expulsions de reprendre entre-temps - pour l'instant, elles sont censées rester suspendues.
Nous avons contacté les autorités ghanéennes et le Département de la Sécurité intérieure américain, qui supervise l’ICE, mais ils n'ont pas répondu à nos questions dans les délais fixés par le consortium. Sollicité, le département d'État a déclaré dans un communiqué : « le gouvernement américain utilisera tous les moyens légaux pour expulser les personnes n'ayant pas le droit de rester dans notre pays. »
Le Ghana est l'un d'au moins treize pays africains à avoir conclu ce type d'accord avec Washington - un volet d'une politique plus vaste qui a déjà conduit des milliers de personnes vers plus d'une vingtaine de pays qui ne sont pas les leurs.
« Je suis convaincu que les États-Unis se servent du Ghana pour faire leur sale besogne, déclare Oliver Barker-Vormawor. En réalité, faute d’un meilleur terme, j’irais même jusqu’à parler de “blanchiment d’êtres humains”. »
Avec la participation de : Karina Chabour (France 24), Kwaku Asante, Seth Bokpe (The Fourth Estate), Sofía Alvarez Jurado et Magdalena Hervada (Forbidden Stories)